Il y a des sorties qui commencent exactement comme prévu… et d’autres qui nous rappellent rapidement qu’en canot-camping, il faut savoir s’adapter.
Entre les départs plus tardifs que prévu, les kilomètres à récupérer, le vent de face, la pluie, les magnifiques journées de soleil et quelques belles surprises, nous avons vécu une aventure qui nous a permis de découvrir un coin de pays exceptionnel.

Le projet prend forme
Tout a débuté avec Émilie et moi. Nous voulions partir en canot-camping avec nos familles.

La première étape a été de coordonner les vacances de nos deux familles afin de trouver une période qui convenait à tout le monde.
Ensuite, il fallait choisir une rivière que nous jugions sécuritaire pour une expédition avec des enfants. Notre choix s’est arrêté sur la rivière Mistassini, au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Une fois ces deux éléments réglés, la sortie a été publiée sur le site du club.
| Fiche de l’expédition
Durée : 5 jours Difficulté : Facile à modérée |
J’ai souvent des amis ou des collègues qui me demandent pourquoi j’organise des sorties dans un club plutôt que simplement entre amis. Pour moi, c’est une façon de redonner au suivant. J’ai eu la chance de découvrir le plaisir du canot-camping grâce à d’autres personnes qui ont pris le temps d’organiser des sorties et de partager leur expérience. Aujourd’hui, c’est à mon tour de faire découvrir cette passion.
Lorsque Mathieu, un nouveau membre du club, m’a contacté pour se joindre à nous avec sa fille, ce fut un plaisir de les accueillir. Nous avons organisé deux rencontres virtuelles afin de répondre aux questions, discuter de l’équipement et finaliser la planification de notre expédition.
Au final, notre groupe était composé de trois familles et de quatre canots, avec des enfants âgés de 2 à 12 ans. Une belle petite équipe, avec des niveaux d’expérience et des âges bien différents, mais tous réunis par la même envie : partir à l’aventure!
Enfin sur l’eau
Notre aventure a commencé lors de notre rencontre au camping du Lac aux Coudes. Le lendemain, vers 9h, nous nous sommes rendus chez Aventuraid, avec qui nous avions réservé notre navette. Après les derniers préparatifs, nous avons pris la direction du chemin forestier.

Premier arrêt au point de sortie, afin d’y laisser nos véhicules, j’en ai profité pour aller voir à quoi ressemblait la sortie de la rivière. Une pancarte bleue indiquant KM 2 était installée sur un arbre, bien visible. Un repère simple, mais très utile afin de ne pas rater notre point de sortie.
La navette s’est ensuite engagée sur la route forestière. À plusieurs endroits, nous pouvions apercevoir la rivière, puisque la route la longe presque continuellement. Selon Gilles, notre chauffeur, le niveau de l’eau était plutôt bas, mais la navigation demeurait agréable.

Nous sommes arrivés au point de mise à l’eau vers midi. La logistique s’est toutefois révélée plus longue que prévu. Le sentier était étroit et l’espace au bord de l’eau permettait de charger un seul canot à la fois. Nous avons donc pris le temps de dîner avant de remplir les canots avec tous les bagages.
À 14 h, nous étions enfin prêts pour le départ officiel.
Avec une mise à l’eau aussi tardive, même si nous avancions autour de 7 km/h, il était évident que nous ne pourrions pas parcourir la distance prévue. Nous avons donc réévalué notre itinéraire et choisi un nouvel emplacement de camping.
Notre arrêt au KM 142 de la rivière, soit environ au KM 72 de la route forestière, s’est finalement avéré être une magnifique surprise. Le camping était traversé par la rivière qui coulait au milieu du site. Les enfants ont immédiatement trouvé de quoi s’occuper : construction de barrages, baignade et descentes dans le courant. Une première soirée parfaite pour entrer dans le rythme de l’expédition.
Rattraper les kilomètres
Le réveil a sonné à 6 h 15, grâce à notre super cadran humain, Jérémie, qui ne nécessite évidemment aucun réglage!
À notre sortie de la tente, en ce deuxième jour, une brume très dense recouvrait les environs. La visibilité était fortement réduite, mais dès que le soleil a commencé à réchauffer l’air, elle s’est rapidement dissipée.

Comme c’était notre premier matin, le démontage du camp et le rangement de tout notre équipement ont pris un peu plus de temps. C’est souvent le cas : il faut retrouver où chaque chose a été rangée et prendre ses habitudes. Nous avons finalement quitté le camp vers 11 h, avec environ huit kilomètres de retard à récupérer.
La journée était magnifique : soleil, température agréable et conditions idéales pour pagayer. Enfin… presque idéales. Nous avons eu droit à un bon vent de face qui nous a rappelé que la rivière ne nous laisserait pas reprendre notre retard aussi facilement.
Comme nous étions majoritairement dans une configuration d’un adulte et d’un enfant par canot, notre vitesse de progression n’était pas celle que nous avions imaginée.
Vers 16h, il a fallu prendre une décision. Nous avons choisi de nous arrêter au KM 125 de la rivière. La carte n’indiquait aucun camping à cet endroit. Nous avons découvert un magnifique site sablonneux qui s’est transformé en un excellent endroit pour passer la nuit.
Encore une fois, l’adaptation faisait partie de l’aventure.
Ah la météo !
La pluie est tombée durant la nuit. Au réveil de notre troisième journée, le ciel était couvert, mais il ne pleuvait plus. Avec le retard accumulé, nous avons pris une décision importante : sacrifier la journée de repos prévue afin de nous rapprocher de notre itinéraire initial.
Ce matin-là, le ciel est rapidement devenu gris. Pas question de prendre notre temps. Le camp a été démonté à une vitesse record et, à 9 h 30, tout était rangé et nous étions déjà sur l’eau.
Charlotte a su nous apporter beaucoup de joie autour du feu, en soirée, grâce à son talent d’animatrice! Elle nous avait préparé une partie de Loup-Garou, qu’elle a menée avec beaucoup d’enthousiasme. Un beau moment qui a rapidement rassemblé petits et grands autour du feu.
Du poisson, de la pizza et quelques averses
Le matin de notre quatrième journée nous a accueillis avec un ciel variable. Quelques averses se sont présentées en cours de route, mais rien ne nous empêchait de progresser.
La pluie semblait vouloir s’installer pour l’heure du dîner. Nous avons donc décidé de profiter de l’accalmie pour poursuivre jusqu’au camping prévu. À 13 h, nous étions arrivés, juste à temps pour nous mettre à l’abri!
Première mission : installer la bâche avant que la pluie ne nous rattrape.
Nous avons ensuite pu dîner bien à l’abri. Un autre défi nous attendait toutefois : monter les tentes avant l’arrivée de la prochaine averse que nous voyions déjà au loin.
Mission réussie de justesse !
Et comme si la météo voulait nous récompenser, le ciel s’est finalement dégagé. Nous avons profité d’une magnifique après-midi ensoleillée pour pêcher et jouer sur la plage.
Tout au long de notre expédition, dès que nous étions visibles de la route, Marc-Antoine a tenté à plusieurs reprises de faire klaxonner les poids lourds. Quelle joie d’entendre enfin leur flûte !
La pêche nous a offert quelques beaux moments. Un premier poisson attrapé par Arnaud qui a malheureusement réussi à s’enfuir. Zut! J’ai relancé la ligne au même endroit… et nous avons attrapé une ouitouche. Pour Charlotte, ce fut un moment un peu difficile. Nous avons tout de même décidé de conserver le poisson pour le souper.
Et quelle bonne décision! Simplement poêlée avec un peu d’huile et de sel, en conservant la peau, la ouitouche s’est révélée délicieuse. Sa chair, légèrement floconneuse, se défaisait à la fourchette. Tout le monde a adoré.
Soirée pizza au campement
Pour le souper, nous avions prévu une soirée pizza. Il fallait préparer la pâte et toutes les garnitures. Notre site de campement manquait considérablement de bois pour cuire les pizzas facilement sur le feu.
Qu’à cela ne tienne : adaptation, encore une fois!
Les pizzas ont finalement été cuites à la poêle. Ce n’était peut-être pas la méthode prévue, mais le résultat était tout de même délicieux.
Une belle façon de terminer une journée bien remplie.
Profiter jusqu’au dernier coup de pagaie
Nous ne voulions pas terminer notre aventure trop rapidement, nous avons donc profité d’une belle plage en chemin pour dîner et savourer une dernière fois ce magnifique coin de pays.
Puis est venue la dernière étape de toute expédition de canot-camping : sortir le matériel, se changer, remplir les voitures et réussir à faire entrer cinq jours d’équipement dans chaque véhicule.
Quelques heures plus tard, nous reprenons la route vers la maison, avec la tête remplie de souvenirs.
Bilan de l’expédition
En cinq jours, nous avons pagayé environ 83 kilomètres de rivière, campé, péché, cuisiné, joué, construit des barrages, nagé, affronté quelques averses et surtout profité d’un magnifique environnement. Les enfants ont pu vivre une véritable expérience de plein air, loin du quotidien.
Cette sortie nous aura rappelé qu’un itinéraire de canot-camping reste toujours… un itinéraire.
Le départ peut être plus long que prévu. La progression peut être ralentie par le vent. La météo peut nous obliger à modifier nos plans. La proximité de la route forestière apporte un sentiment de sécurité, mais aussi son lot de désagréments, notamment la poussière soulevée par les camions de bois. Et parfois, un emplacement de camping qui n’était même pas prévu sur la carte devient le plus beau souvenir du voyage.
C’est exactement ce qui fait le charme du canot-camping : partir avec un plan, puis apprendre à apprécier tout ce que la rivière nous réserve en chemin.
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